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J'avais entendu parler de la sophrologie mais sans savoir de quoi il s'agissait réellement. Je ne savais qu'une chose, c'est que, apparemment, "ça pouvait me faire du bien". J'avais ce désir de me sentir mieux dans ma peau, de faire plus de choses pour moi, quelque part d'être plus maître de moi-même si, bien sûr cela était possible.

Je me souviens du premier jour où je suis arrivée à l'institut. Tous très sages sur nos chaises, sans trop savoir à quelle sauce nous allions être mangés. Je me suis vite rendue compte que je n'étais pas la seule à ne pas savoir grand chose sur la sophrologie. Nous en étions tous, à peu de chose près, au même niveau.
Dès le départ, le ton était donné: je ne savais pas respirer! Comment était-ce possible? Une fonction vitale comme celle-là que je pratiquais depuis toujours! Je savais pourtant très bien inspirer pour remplir mes poumons d'air et enfin expirer cet air que je venais de faire entrer. Il n'y avait rien de plus simple.
Et pourtant, dès les premiers instants il a fallu me rendre à l'évidence: respirer c'était bien plus que ça. Je me souviens de la sensation de ma peau, sensation toute nouvelle, "à fleur de peau". J'étais tellement à
sommes vivants. Mais l'écouter se réjouir, voilà qui était tout nouveau. Le sentir exulter grâce à une "simple" respiration.
Et puis, petit à petit, chaque partie de mon corps s'est mise à me "parler". J'écoutais mes jambes jusqu'à la pointe de mes orteils ou mes bras jusqu'aux bout des doigts. J'accueillais mon ventre et tous les organes qui s'y trouvaient. J'entrais en contact avec l'espace intérieur de mon propre corps. En fait, je venais de prendre conscience de mon schéma corporel. Je n'étais pas seulement une tête qui pensait mais j'étais également un corps qui bougeait, ressentait et transmettait des informations. Je le découvrais, non pas par le visuel, mais par le sensuel. J'apprenais doucement à m'apprivoiser, à avoir une meilleure relation avec moi-même, à me respecter, à m'écouter, à me sentir positivement en vie. J'apprenais à être dans mon présent, cet instant entre le passé et le futur, qui dure le temps d'un claquement de doigts, mais qui permet de dire "j'existe".
Je commençais à prendre conscience de cet espace dans lequel je vivais pourtant depuis toujours. Je n'étais plus simplement une tête qui pensait, mais également un corps qui ressentait et parlait avec ces mots à lui et qui n'étaient plus seulement des maux.
l'écoute de cet air qui circulait dans mon corps que chaque bruit provoquait un tressaillement comme si le simple fait de faire entrer l'air dans mes poumons venait tout à coup de réveiller une partie de moi endormie depuis trop longtemps. Quelle avait été la différence avec mes autres respirations d'avant? Simplement, la conscience. Je venais de prendre conscience. Prendre conscience du chemin que parcourait l'air dans mon corps. Il ne se contentait pas de rester dans les poumons. Il allait partout. Même ma tête donnait l'impression de se gonfler, comme si elle-même était un organe de respiration à part entière. Et enfin mon corps semblait me dire "Je suis là, écoute-moi. J'ai des choses à te dire". Je venais enfin de prendre conscience des sensations positives que mon corps pouvait m'envoyer. Il ne faisait pas que souffrir. Il pouvait même me transmettre des sensations agréables, simplement en étant assise sur une chaise ou debout dans une salle, entouré d'une vingtaine de personnes. Il suffisait de lui laisser la parole, de le laisser prendre les commandes et permettre à la tête de se laisser diriger. Il est tellement facile d'écouter son corps se plaindre. C'est une des techniques qu'il possède pour  nous prouver, et pour prouver aux autres, que nous
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